Mon séjour au Kérala, Inde 2018

Juillet 2018 - Avant le départ

Dans deux jours, le jour de la reprise des cours, il y aura deux mois , je partais en Inde.

Vacances , Tourisme… Voyage en tous cas. Avec dans mes bagages, une bronchite qui s’est déclarée la veille de mon départ.

J’y vais quand même. Maintenant, me disais-je, c’est parti, c’est parti ! Et comme je vais faire une cure de soins ayurvédiques, ils me soigneront là-bas.

Je peux dire que ce séjour, je l’ai décidé, préparé, mais que je n’ai rien attendu de particulier. Je savais que la cure devait durer trois semaines mais ensuite, il restait trois semaines et je n’avais rien prévu. J’avais une petite idée de ce que j’aurai pu faire mais à part la cure, je n’avais arrêté aucun programme.

Contrairement à ce que je peux être d’habitude, je me sentais plutôt sobre, sans excitation, à l’égard de ce séjour. Ce qui me venait toujours à l’esprit si on me disait « Oh ça va être formidable » ou bien quelque chose d’autre du genre, je répondais : « je ne sais pas, on verra »…

C’était un voyage dont le titre pourrait être « Je ne sais pas , on verra ». Et il est en partie vrai qu’on n’est pas entièrement maître de ce que la vie va nous envoyer, ni comment nous y réagirons.

Donc j’étais sans attente particulière, décidée à voir ce qui allait se présenter. C’était cela que je souhaitais.

 

Ce qui se présenta d’abord, fut un voyage difficile, mais cela je m’en doutais. Une longue attente de 6h à Abhu Dhabi , horrible aéroport – attente de nuit bien sûr. En fait lorsque l’on arrive à destination, on ne sait plus depuis quand on n’a pas dormi, quel jour nous sommes. Autant d’éléments déstabilisants…

La cure

On m’attendait, comme prévu, à l’aéroport de Trivandrum. Ambaaresh, le jeune manager était là, à l’extérieur de l’aéroport et  après les rapides Bonjour et Welcome, il m’annonce que le médecin du centre, Vinay, est absent, qu’il est en France et qu’il rentre dans quatre jours. Tiens donc ?!. Je connais un peu  les Indiens et s’ils disent quatre jours, il faut craindre ou simplement réaliser que ce sera plus... Donc le ton était donné!

Toute la cure a été sur ce ton d’irresponsabilité, de négligence. Le médecin est rentré le 20 juillet, est resté un jour, le temps de révolutionner tout mon traitement et est reparti, presque jusqu'à la fin de ma cure.

Etant malade, ( je toussais jour et nuit pendant la première semaine) et fatiguée, et comme je savais qu’en changeant de lieu de cure, je risquais de tomber de Charybde en Scylla, je suis restée là et finalement , le médecin s’est vraiment fait tirer les oreilles par ses collaborateurs et il est presque venu pleurer pour s’excuser  comme un petit garçon à ma porte. Je l'ai écouté 5 mn et j’ai dit «  Au revoir Monsieur » et le lendemain, je partais.

 

Mais ne nous attardons pas davantage sur cette cure qui, bien qu’étant un fiasco, m’a permis de comprendre pas mal de choses.

Là où la vie m'attend...

Il n’y avait pas que la cure, il y avait l’extérieur et c’est surtout là que la vie m’attendait.

Comme vous le savez, j’étais au Kerala et cette année le Kerala a eu et a encore ( à l’heure ou j’écris) une mousson, terrible, meurtrière pour les gens et pour les animaux.

Depuis que j’étais arrivée, à cause de la maladie, de l’échec de la cure et du climat, j’étais oppressée et fatiguée. La chaleur, très humide, m’a été pénible du début de mon séjour jusqu'à la fin. Néanmoins, je sortais, je marchais beaucoup tous les jours , tout le long de la plage dans les ruelles moyenâgeuses et crasseuses du village à flanc de colline. Dès les tous premier jours, en descendant la ruelle qui menait de mon lieu de cure (Dhanurveda) à la plage, et en fait déjà sur le front de mer, j’aperçois, sous des feuillages ,en angle de rue , un chien blanc crème, couché dans un trou, qu’il s’était surement creusé. Habituellement, tous les chiens « errants » comme on dit, profitent un peu de la fraîcheur du matin et sont éveillés. Là, le chien, roulé en boule, ne bougeait pas. Je vois aussi comme il est maigre. Je m’approche, je lui parle, il ouvre les yeux et là je vois « ce chien ne va pas bien ». Je vois aussi qu’il est maigre, couvert de tiques énormes.

A partir de ce moment-là, les chiens ont été au cœur de mon séjour, et les chats, on le verra plus tard. J’ai commencé à le nourrir chaque jour. Au début, j’étais embarrassée. Je ne savais pas trop quoi lui donné, ni comment me procurer de la nourriture. J’ai commencé par ce qui était le plus facile à trouver : des biscuits salés . Elle a commencé à manger doucement. Puis j’ai découvert des chapatti au fromage. J’ai commencé de lui enlever les tiques et peu à peu, elle est revenue à la vie. Chaque jour, elle m’attendait. 

Je restais un peu avec elle. Je l’ai baptisé « Chérie ». Mais ça n’est pas suffisant. Je me suis souvenue de ce que j’avais vu ou entendu d’autres fois à savoir quand les chiennes ont leurs chaleurs, les mâles par groupe de 4,5 ou 6 les poursuivent. Elles s’enfuient mais ils les rattrapent et s’en suit un viol collectif, ni plus, ni moins.

Alors j’ai commencée d’être obsédée par l’idée de lui éviter cela, mais comment ?

Pratiquement rien n’est fait en Inde pour les chiens et les chats, sinon les tuer. Le gouvernement a décrété que « le plus grand problème de l’Inde ce sont les chiens, tous ces chiens errants faméliques ».

Je pense que si le plus grand problème de l’Inde c’était les chiens, l’Inde serait un pays heureux!

Donc une loi a été votée pour stériliser chiens et chiennes pour faire peu à peu diminuer la population. Ce qui est une bonne idée. Mais en cours de route, l’argent débloqué pour ce projet a disparu et adieu la résolution du problème canin. Après tout pourquoi dépenser de l’argent pour des chiens ? Donc certains individus continuent d’empoisonner les chiens. On peut aisément imaginer la qualité du poison. Les chiens , à part que la plupart des gens veulent les voir disparaître, tout le monde s’en désintéresse. On les laisse souffrir et mourir. On dira « oui mais l’Inde est si pauvre, comment s’attendrir pour une bête ? ». La pauvreté est bien sûr encore présente mais ce n’est pas le vrai problème. C’est plutôt l’idée que les Indiens ont du chien, non pas comme être vivant respectable mais comme un absolu nuisible. Et  bien entendu, pas de société protectrice des animaux. Les animaux n’ont aucun droit.

Il faut préciser que le Kerala, la région du sud de l’Inde où j’étais, est la plus riche ( aussi grâce au tourisme) et la plus alphabétisée. C’est aussi dans cette région qu’il existe le plus d’associations pour aider les chiens ou chats en les soignants quand ils sont blessés ou en les stérilisants pour diminuer leur nombre.

Street Dog Watch et Puppies' House

Donc j’étais là, habitée par ce problème «  que vais –je faire pour aider cette bête, où puis-je m’adresser ? ».

 

Un matin où je marchais dans les ruelles de Kovalam ( la petite ville où j’étais) je me suis retrouvée à la lisière du village, dans une petite mangrove, que l’on pouvait traverser sur une digue en béton. J’étais engagée sur ce passage et je m’arrêtais pour regarder des petits écureuils qui jouaient dans les cocotiers, des ibis , posés ça et là, quand j’entends une voix me dire «  vous chercher un hôtel ? ». En me tournant, je découvre une femme occidentale qui tirait un caddie de ménagère ( ce qui est du jamais vu en Inde : le caddie). Je lui réponds que non et je la laisse passer, puis soudain je me dis «  Mais qu’est-ce qu’elle fait avec un caddie ? ». Je la rattrape et je lui pose la question et là elle me répond : « Je visite les chiens au cas où certains seraient blessés ou malades et les nourris si nécessaire. Et elle ajoute, je vis ici et participe à une association qui s’occupe des chiens ». Je n’en croyais pas mes oreilles. Ma réponse tombait du ciel. Tout de suite, je lui explique mon problème avec Chérie ( la petite chienne) et je lui demande de m’accompagner pour la rencontrer. En chemin nous parlons. Elle me dit qu’elle s’appelle Maria,qu’elle vit ici depuis 9 ans. Il y a 9 ans, elle était venue comme touriste puis parmi tous ces chiens abandonnés, affamés, maltraités, elle a croisé le chemin d’un couple de chiens avec 2 petits. Elle a commencé à les nourrir, elle est tombée amoureuse d’eux et finalement elle a décidé de rester en Inde. Et elle n’est pas seule dans ce cas et elle me raconte qu’il y a  ici une petite communauté d’occidentaux très active. Donc je lui demandais si elle avait des contacts, des gens qui pourraient m’aider en  recueillant Chérie, en la stérilisant. Elle me dit qu’elle va me contacter, elle me laisse son téléphone. Deux jours après, c’est moi qui l’appelle. Elle me dit que les refuges sont pleins à craquer, que les chiens qui y sont, sont les cas les plus graves et  que ce ne serait pas un cadeau à faire à Chérie que de l’enfermer là. Elle me donne le téléphone de Marie. Elle m’explique que Marie est la manager d’une association de protection, de stérilisation des chiens et parfois des chats. Le lendemain, j’appelle Marie. Nous prenons rendez-vous et trois heures plus tard, nous sommes face à face dans un café. Je lui explique mon problème, lui donne les détails et elle me dit qu’elle connait cette chienne et qu’elle est stérilisée, bien sûr. Je fais ouf. Elle m’explique qu’elle connait tous les chiens de la plage et qu’ils sont tous stérilisés par leurs soins puisque son mari Steeve et elle, avec des Indiens et d’autres occidentaux bénévoles ont créé une clinique vétérinaire et que c’est un vétérinaire du gouvernement qui opère deux jours par semaine, dans leur clinique. Elle me dit que je n’ai pas à m’inquiéter outre mesure pour Chérie, qu’évidemment elle ne mange pas tous les jours mais qu’il y a pire et je suis néanmoins soulagée de savoir qu’elle ne sera pas massacrée pendant les périodes des chaleurs. Néanmoins je me propose de la parrainer ( Marrainer plutôt) afin qu'elle soit nourrie régulièrement et qu’elle reçoive les soins dont elle pourrait avoir besoin, tout en restant dans la rue. Nous tombons d’accord. Chérie a une fiche à son nom dans l’association et elle aura une personne qui la nourrira. Ouf, ouf, ouf ! Un grand poids quittait ma poitrine.

Marie me propose, si je le souhaite, de venir visiter leur clinique. J’accepte avec joie. Deux jours après , je prends un rickshaw et me voilà partie dans la campagne (jungle) à quelques kilomètres de Kovalam. Je n’avais jamais vu une clinique pareille mais je dois avouer que la différence énorme avec l’occident ne m’a pas choquée. Une maison dans un grand jardin, des grandes cages aménagées dans le jardin pour les cas différents. Puis plein de chiens en liberté, séparés en deux groupes pour éviter les bagarres. Des chiens qui vous sautent dessus pour avoir des caresses, des chiens adorables puis dans la maison : la salle d’attente dans laquelle deux jeunes hommes rasent, et endorment les chiens qui doivent être opérés, qui sert aussi de salle de réveil. Puis une autre pièce où le vétérinaire opère. Tous se fait tranquillement, avec diligence, bien que de façon informelle. Je suis sidérée et heureuse de découvrir tout cela.

A l’étage on entend des hurlements. Marie m’explique que c’est un petit chien (un chiot, un Puppy) abandonné qu’ils ont récupéré dans la rue et qui est isolée parce qu’elle a une maladie contagieuse. Elle est en voie de guérison mais doit encore être isolée parce qu’elle peut contaminer les autres chiens. Nous montons l’escalier et je découvre une toute petite chienne noire, plutôt en forme mais qui ne supporte pas d’être seule. Dès qu’elle nous voit elle cesse de hurler et vient se faire prendre dans les bras. Nous jouons un moment avec elle. Marie m’explique qu’elle va bientôt être proposée à l’adoption sur le site de l’association (www.streetdogwatch.org) et sur Facebook.

 Il y a beaucoup, beaucoup de chiens en attente d’adoption. Il faut savoir qu’à 90% les indiens ne veulent pas de chiens et s’ils prennent un chien ce sera un petit, jamais un adulte, ce qui fait que des centaines de chiens adultes restent à l’abandon. Marie et Steeve ont « 95 » chiens chez eux. Des chiens qu’ils ont trouvés, soignés, gardés. Ils ont créé une association avec des Occidentaux et des Indiens et ont ouvert cette clinique. Il faut savoir que l’une des tâches des hommes, une fois par mois, est d’aller capturer des chiens et chiennes à des kilomètres aux alentours pour les ramener à la clinique et les stériliser, les garder quelques jours et les remettre en liberté sur leur territoire. Des gens des alentours les contactent quand ils ont trouvé un chien ou un chat blessé et les amènent à la clinique. Je peux vous dire que des centaines arrivent dans des états épouvantables. La cruauté des indiens vis-à-vis des chiens et des chats est sans borne et cependant cela évolue. Tous les soins apportés aux animaux sont gratuits. Cette association ne vit que de dons.

Cette association, à court de place pour les accueillir et garder les cas les plus abîmés, ont loué une autre maison avec jardin. Cette maison s’appelle « Puppies' house» ( la maison des petits chiens). Marie me propose de m’y emmener. C’est avec joie que j’accepte. Nous voilà parties. Je vous propose quelques photos pour que vous compreniez mieux comment cela se passe.

 

Dans Puppies' house, les chiens sont en deux groupes séparés. Les chiens les plus petits d’un côté et  les plus grands de l’autre pour éviter les bagarres graves. Ce qui n’empêche pas que pendant la nuit, les chiens étant seuls, ils leur arrivent de se battre cruellement. Les chiens qui sont gardés là sont des chiens qui ne peuvent pas être remis dehors. Ils n’ont pas de territoire. Ce sont les cas graves bien que dans l’ensemble à présent, ils semblent en bonne santé. S’occuper de ces chiens est un grand travail. Il faut veiller dans cesse. Je me suis proposée pour venir aider, être avec les chiens un jour sur deux et j’ai bien vu comme tout peut arriver sans cesse.

D’abord un jeune chien, pendant notre absence a été tué, par un autre ou des autres. Quelle tristesse d’imaginer son sort. Un autre jour, nous découvrons du sang par terre. Nous appelons Marie qui arrive aussi vite qu’elle peut. Elle appelle le vétérinaire, lui explique la situation. Il dit : « C’est une épidémie, il faut tous les vacciner ». Vite Marie organise la vaccination pour le lendemain. Des chiens sont sauvés. C’est sans cesse ainsi et Marie est heureuse même si le travail est dur.

L’histoire de Marie et Steeve est touchante également. Ils sont en Inde depuis 10 ans maintenant. Imaginez ce jeune couple d’anglais, d’environ 35 ans, qui vient à Kovalam, sur cette belle plage ( maintenant bien polluée) en vacances, peut-être faire une cure de massage ayurvédique, et voilà qu’ils découvrent un petit chien abandonné ou dont la mère était morte, petit chien blessé, et voilà que leur aventure commence. Ils gardent le petit chien, en trouve un autre le gardent également et finalement décident des rester en Inde, de s’installer là et d’adopter tous les chiens qu’ils peuvent. Ils ont loué une maison avec un grand jardin et ils vivent avec leurs chiens. Puis ils ont créé cette clinique, où d’autres chiens, les plus éprouvés par la vie, restent à demeure, puis ensuite Puppies’ house, et je crois qu’ils ne vont pas s’arrêter là…

Voilà comment je me suis trouvée embarquée dans cette histoire.

Mais personnellement, ma cure terminée, j’étais plus mal en point qu’en arrivant mais je ne m’attarderais pas sur ce côté du voyage. Ce n’est pas ce dont j’ai envie de vous parler.

 

Une semaine avant la fin de la cure, j’avais trouvé un hôtel où m’installer après la fin de celle-ci.. J’avais trouvé un hôtel tout près de la plage, mais construit sur des rochers, directement sur la mer. C’était parfait : belle chambre confortable, propre avec une terrasse sur la mer.

Lucky...

Donc ma cure terminée, de bonne heure le matin me voilà partie avec mes bagages. J’étais attendue à l’hôtel par le manager. Dès qu’il me voit, il prend ma valise et soudain, sur le chemin, dans la petite cour à côté de ma chambre, je découvre un tout petit chat couché en boule, maigre, tout seul au milieu du chemin. Surprise, je demande au manager ce qu’il fait là sans protection au risque d’être tué par un chien ou un chat mâle adulte ou même un aigle pêcheur. En effet, les chats mâles adultes tuent les petits chats. Le manager me raconte que sa mère a été tuée par un chien sous ses yeux et qu’il a sauvé ce bébé chat in extremis. Il l’a déposé là dans la cour mais ne s’occupe pas de lui et ne lui donne rien à manger. Je prends le chat, qui finalement s’est avéré être une chatte et je découvre que ses yeux sont infectés. Elle est mal en point. Aussitôt je demande au manager de l’hôtel s’il m’autorise à emmener la chatte chez le vétérinaire. Il accepte avec joie. Bien sûr, lui ne l’aurait pas fait. En règle générale, en Inde, on ne soigne pas les animaux et rares sont ceux qui sont nourris.

J’appelle Marie, je lui explique le problème. Elle me dit : « j’arrive ». Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons dans un café, moi avec la petite chatte aux yeux explosés, dans mon sac en bandoulière. Elle a du caractère, elle ne se laisse pas faire bien qu’elle soit atrocement maigre. Marie nous emmène au village à côté où le vétérinaire du gouvernement, qui vient s’occuper des animaux dans leur clinique toutes les semaines, a son cabinet. Le plus souvent en Inde les vétérinaires ne s’occupent que des vaches et des chèvres parce que ce sont des animaux que les gens mangent donc ils les font soigner. Ce vétérinaire, dans la région, est le seul à s’occuper également des chats et des chiens. Avec Marie et la petite chatte, nous attendons un peu, puis il nous reçoit. Il connait bien Marie. Tout de suite il ausculte la chatte. Il lui fait boire un produit, lui nettoie les yeux, donne une ordonnance et nous voilà parties acheter les médicaments pour les yeux et du whiskas pour la chatte.

Revenue à l’hôtel, je soigne ses yeux et lui donne à manger. Elle est littéralement affamée. Je vois sont petit ventre se gonfler sur ses pattes toutes frêles. Et voilà comment à commencer mon aventure avec « Lucky » la petite chatte. Ensuite elle a partagé tous mes repas en plus du whiskas. Beaucoup de poisson. Elle avait failli mourir de faim et quand j’étais dans ma chambre elle demandait à manger toutes les demi-heures alors même qu’elle était remplie. Je lui donnais pour la rassurer. Elle ne mangeait pas beaucoup à chaque fois. J’ai soigné ses yeux, nous avons fait des câlins, joué.

 Elle a commencé à dormir paisiblement. Mais le problème était que le manager n’était presque jamais là et qu’il avait confié la chatte à une femme qui veillait plus ou moins sur l’hôtel. Et cette femme n’aimait pas les animaux. Elle ne se préoccupait que d’elle en passant ses journées à faire des selfies. Bref, elle frappait Lucky (je l’ai entendu crier plusieurs fois) elle ne lui donnait rien à manger, ni à boire et la nuit, elle l’enfermait dans un carton , mis sous un placard, dans la cuisine dégoutante où courraient les cancrelats. J’étais atterrée. Je me disais que cette petite chatte allait mourir. Le manager l’avait sauvé des dents du chien mais il n’avait aucunement l’intention d’en faire plus. Moi de mon côté, je sentais bien que le sort de Lucky m’importait de plus en plus. J’essayais de parler au manager, de lui faire comprendre ce qu’il y avait à faire. Il disait toujours yes , yes. Ce n’était pas un méchant homme mais la sauver et l’amener dans son hôtel était le maximum qu’il pouvait faire. J’ai essayé plusieurs fois de lui parler mais quand j’ai vu que je commençais de l’ennuyer, je me suis dit que ce n’était pas la peine d’insister. J’ai compris que je devais essayer de sortir Lucky de là. Le paradoxe avec le manager était qu’il ne voulait pas se séparer de la chatte. Il ne voyait pas qu’elle était en  danger. J’ai parlé avec Inge avec laquelle je faisais équipe au Puppies' house. Nous avons parlé à Marie qui a dit que la seule solution était de prendre une photo de Lucky et de la mettre sur Facebook. J’étais désespérée. J’étais bel et bien tombée amoureuse de cette petite chatte et je voulais la sauver mais comment faire ? Impossible de l’emmener avec moi et sur place presque tous les gens investis dans l’association de Marie et Steeve ( www.streetdogwatch.org) avaient plusieurs chiens. Ils ne pouvaient pas adopter Lucky. Les chiens l’auraient tuée. Alors que faire ? Je ne pensais plus qu’à cela : A la sortir de là, à tout prix.

Je voyais les jours passer. Je la nourrissais de poisson, de whiskas, de lait. Je la câlinais, la dorlotais, jouais avec elle, tout en pensent avec horreur que j’allais peut-être être dans l’obligation de l’abandonner là. Je savais qu’elle mourrait. Que faire ? Deux jours avant mon départ, j’avais invité Inge à déjeuner sur ma terrasse. Je voulais passer un moment amical avec elle avant mon départ et lui demander si elle voulait bien venir visiter Lucky une ou deux fois par semaine et lui donner à manger, prendre soin d’elle. Elle a bien sûr accepté. Donc Inge arrive et j’avoue que je ne croyais plus que quelque chose se passerait, mais je l’entends dire « Good news, good news ! »

Vous imaginez ma réaction. En fait, Inge qui vit en Inde depuis treize ans est devenue proche d’une famille indienne, très modeste financièrement. Lui, Mahesh, est conducteur de rickshaw et depuis treize ans, il conduit Inge partout où elle va. Sa Femme Aïsha, fait le ménage trois fois par semaine chez Inge. Ils ont trois enfants. Inge les aide beaucoup. Cette famille désirait un chat. Ils en ont d’ailleurs déjà eu deux. Le premier a été empoisonné par un voisin avec lequel ils étaient en conflit, le deuxième est mort de maladie. Donc lorsqu’Inge leur a parlé de la chatte, ils ont expliqué qu’ils aimeraient un chat mais qu’ils n’avaient pas les moyens de le nourrir et de le faire soigner correctement. Je me suis proposée avec joie, d’assurer les frais d’entretiens de Lucky. Ils ont pris la chatte. Je leur ai porté la chatte que j’avais finalement kidnappée le jour de mon départ. La vie des chats n’est pas facile en Inde. J’ai quitté ma chère Lucky le cœur plus que gros. Il me semblait l’abandonner. Je me rassurais en me disant que néanmoins, elle avait trouvé une famille qui voulait d’elle et qu’Inge veillerait au grain pour les soins et tout ce dont elle aurait besoin. Mon cœur était déchiré mais j’étais vivante.

Je reçois des nouvelles, des photos de Chérie dont Maria prend soin et de Lucky dont la famille indienne et Inge prennent soins.

Rien n’est jamais sûr , ni en Inde , ni ailleurs mais j’ai essayé de faire au mieux pour ces deux-là, qui se sont trouvés sur mon chemin.

Alors « la cure ayurvédique » !!. Mais j’ai déjà une bonne adresse sur une petite île près de Cochin (en Inde). Affaire à suivre…

Affaire à suivre également pour streetdogwatch. J’irai peut-être donner un coup de main et de cœur un autre jour. Je laisse venir.

Si vous voulez en savoir plus voici l’adresse du site et de leur page facebook.

www.streetdogwatch.org

streetdogwatch@hotmail.co.uk